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J'ai presque envie de ne rien dire.


<< Dieu sait que je t'ai soutenue, mon amour parturiente éventrée à fleur de lit blanc, je me souviens de toi, évidée comme une volaille, éviscérée de tout ce qui te noue et te dénoue de l'intérieur, à l'instar d'une outre à reproduire dans ta putréfaction amniotique. Tu étais là, terrassée de douleurs. Nous étions là à conjuguer nos efforts et lui de l'intérieur, à absorber ton mal. >>


Dire qu'il a fallu, ce matin encore, tendre le bras au bistouri.

J'attends les nouvelles. Ces foutues nouvelles que nous attendons interminablement quand l'Autre est ailleurs, étalée comme une carcasse d'équarrissage au frelaté savoir des doctes chirurgicaux. Quand l'Autre sort du rang et démissionne de tout pour s'adonner à l'abandon, au silence thérapeutique, au repos analgésique. Je sais le corps en apesanteur, l'esprit reposé, le sang relié aux substances qui infusent.

Je sais tant bien que mal et pourtant je m'interroge toujours sur l'agonie parfaite de mon devenir.

Il est de mon devoir de mourir sotte!

Je divague à mon tour.
Je vous survole.
Je ne peux m'empêcher de penser à vous. Vos lignes, vos écrits. Cette étrange histoire entre vous et moi.
Je patiente.
J'attends. Le réveil. Le réveil des êtres chers.
Je sais qu'un jour, il y a aura toujours plus grave.
Je sais qu'un jour, il n'y aura plus de réveil mais seulement quelques fleurs de marbre à vos pieds reposés.
Je pense toujours au pire.

D'ailleurs, je ne pense qu'au pire.

Je vis dans le pire.

Dire qu'elles lui ont façonné une condition humaine. Elle, vit dans l'insouciance. Je lui souhaite de reporter au plus tard le moment du tout comprendre. Toutes les données sont inscrites dans son génotype et dans celui des Autres et des désastres qu'elle croisera sur sa route. Toute son histoire est inscrite en chacun de nous et la nôtre, en elle.

Je me condamne à vivre dans le déni de moi-même.

Je n'entends rien.
Ni cri, ni machine pour réanimer le coeur.
Je suis sourde de fatigue et de mollesse.
Je n'ai plus d'envies, je n'ai plus de projets usants.
Je suis au pied de la roche et incapable de la gravir, incapable de me hisser au sommet comme à la grande époque de mes plus modestes exploits.

Je me déplace comme un ventre mou.
Pourquoi pas de nouvelles ? Pourquoi ?
C'est bien dans ses moments de délestage que l'on maudit tout un chacun. Mais je sais qu'un jour ce sera moi, réfrigérée comme une bidoche marinant dans les pétales et les condoléances griffonnées de papier carton.

J'ai, sous les yeux, le spectacle de ses petits chaussons déposés, de ses petites affaires éparpillées dans l'attente du doute et de l'angoisse crétine de je ne sais quoi. Mon style alambiqué réclame l'innocence des courses folles dans les chemins blancs de mon petit village.

Je suis malade de vous.


Tu me manques tellement, Hélèna...

# Posté le samedi 07 juin 2008 13:32

Modifié le mercredi 10 septembre 2008 17:19

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Que Jeunesse se passe...

^^

# Posté le dimanche 18 mai 2008 16:36

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Picassa...<3

# Posté le dimanche 18 mai 2008 16:29

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"Dès qu'jte vois, je sais qu'c'est Toi..."

# Posté le dimanche 18 mai 2008 16:28

{...Une journée pas comme les autres...}

{...Une journée pas comme les autres...}
TWINS! =p

[Hey Sista', it's really really nice o meet ya...;)]

# Posté le dimanche 18 mai 2008 16:27